Chroniques martiennes – Ray Bradbury

chroniques-martiennes-couvertureUn grand classique de la science-fiction, mais aussi le moins scientifique des romans « martiens » que je critiquerai sur ce blog cette année. Même pour le lecteur du début du XXème siècle, Chroniques martiennes de Ray Bradbury est tout sauf de la spéculation scientifique. L’auteur lui-même le considérait comme de la « fantasy » (la fantasy étant dans sa définition une description de l’irréel). Mais qu’importe le label ! Il serait bien dommage de ne pas le lire pour cette raison, et  de manquer ainsi la poésie de cet œuvre et la finesse de l’imagination de l’auteur.

Chroniques martiennes est une série de nouvelles qui raconte l’histoire des premiers colons terriens vers la planète Mars. Et, sur Mars, il y a des Martiens ! Or, la venue des Terriens est vraiment loin de leur être bénéfique. Au fur et à mesure que ces derniers arrivent et s’y installent, la civilisation martienne finit par disparaître, décimée par la maladie ou se déportant dans des mondes parallèles. Mais, vers la fin du recueil, une guerre nucléaire éclate. Les colons abandonnent Mars retournent vers leur planète d’origine, à l’exception d’une poignée d’entre eux, prêts à bâtir un nouveau monde.

Dans ce recueil de nouvelles, Bradbury décrit avec style une métaphore spatiale de la conquête de l’Amérique. Les Terriens sont des colons, et les Martiens les Indiens, qui finissent pas être décimés. Tout au long de ces nouvelles, l’auteur explore divers thèmes, de ceux qui se réfèrent à la vie de tous les jours, comme la jalousie, à des sujets plus « sérieux », comme la valeur de la culture et les dégâts que peuvent causer une société qui la néglige. Bradbury, amoureux de la littérature, le développe notamment dans la nouvelle Usher II, dont le titre n’est pas sans rappeler la très célèbre nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe. C’est là qu’il esquissera les éléments qu’il développera plus tard dans Farenheit 451. Pour Bradbury, quels que soient les progrès scientifique et technologique accomplis, une civilisation qui néglige sa culture est en voie de décadence. Donc, la culture, c’est important ! Et les (bons) romans de science-fiction en font bien partie.

Cela fait bien des années que j’ai lu pour Chroniques martiennes, et, à la relecture, je suis à nouveau séduite. Voilà un classique qui n’a pas vieilli, et que je vous conseille chaudement.

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