Lune rousse et brillante planète Mars au ras de l’horizon

Je parle rarement d’événements astronomiques dans mon blog. Ce n’est pas parce que je ne m’intéresse pas à ce domaine, mais un grand nombre de sites et de blogs francophones y sont déjà consacrés et rapportent bien mieux que moi ce qui se passe dans le ciel.

Mais les petites « coïncidences » d’événements célestes ont toujours de quoi m’intriguer, ne serait-ce que pour le spectacle original qu’elles nous offrent. En effet, ce vendredi 27 juillet 2018 au soir, les chanceux pourront voir non seulement une éclipse de Lune totale, mais aussi une planète Mars particulièrement brillante.

Eclipse totale lunaire du 15 avril 2014 avec Mars à droite de la photo et Spica en bas à droite de la Lune

Photo de l’éclipse lunaire totale du 15 avril 2014 avec Mars à droite au-dessus des pins et l’étoile Spica de la constellation de la Vierge en bas à droite de la Lune. Lors de l’éclipse lunaire totale du 27 juillet 2018, Mars sera plus proche de la Lune (à 6 degrés en bas à droite) et aussi plus brillante, car la distance Terre-Mars à ce moment sera plus petite que la distance Terre-Mars en 2014. Crédit : Neal Simpson partagé sous licence Creative Commons CC BY-ND 2.0.

L’éclipse totale de Lune la plus longue du siècle

J’avais déjà touché quelques mots sur les éclipses de Lune. Pour qu’une telle éclipse se produise, la Lune doit se trouver totalement dans l’ombre de la Terre (alignement Soleil-Terre-Lune).

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Géométrie d’une éclipse lunaire totale.

Contrairement aux éclipses totales du Soleil, que l’on ne peut voir que dans une zone fort limitée, l’éclipse totale de Lune est visible partout où la Lune est visible au même moment. En outre, les éclipses totales solaires sont plus rares que les éclipses totales lunaires. En effet, pour qu’une éclipse totale solaire ait lieu, la Lune doit être suffisamment proche de la Terre pour « couvrir » le Soleil. Cette contrainte de distance est moins stricte pour une éclipse totale lunaire : la section du cône d’ombre de la Terre est en général bien plus grande que le diamètre de la Lune, ce qui facilite « l’obscurcissement » total de l’astre. Ainsi, il y a plus souvent des éclipses annulaires du Soleil que des éclipses totales du Soleil.

Enfin, les éclipses lunaires totales durent en général plus longtemps que les éclipses solaires totales (plusieurs dizaines de minutes en moyenne). L’éclipse lunaire totale du 27 juillet va battre le record du siècle : selon l’Observatoire royal de Belgique, elle commencera à 21 h 30 heure belge et se terminera vers 23 h 14, soit une durée d’une heure et 44 minutes (104 minutes).

Mars (presque) aussi proche de la Terre qu’en 2003

Le 27 juillet coïncide aussi avec le jour où Mars sera en opposition. Cela veut dire que l’on aura un alignement Soleil – Terre – Mars. Dû au fait que les orbites des planètes sont légèrement elliptique, l’opposition ne correspond pas tout à fait au moment où Mars est au point le plus proche de la Terre dans son orbite. Ce moment n’aura lieu que quelques jours plus tard, le 31 juillet 2018.

Opposition périhélique et opposition aphélique de Mars

Opposition périhélique et opposition aphélique de Mars

La distance Terre-Mars au point le plus proche n’est pas la même à chaque opposition et peut varier d’un facteur deux. Cette fois-ci, nous avons affaire à une opposition périhélique : Mars est environ à son point le plus proche du Soleil dans son orbite (périhélie). Dans cette configuration, la distance  entre les deux planètes est minimale. Le 27 juillet 2018, cette distance sera d’environ 58 millions de kilomètre. C’est à peine plus grand que la distance record de 55,76 millions de kilomètres atteinte lors que l’opposition du 27 août 2003.

Résultat : nous avons pour le moment une Mars particulièrement brillante, plus brillante que Jupiter dans le ciel. Même un observateur urbain non averti remarquera cet astre d’éclat rouge dans le ciel nocturne, pour peu qu’il n’y ait pas trop de nuages.

Cherche un point de vue dégagé, orienté sud-est (et sans nuages !)

Voir Mars en même temps que la Lune, voilà un « spectacle de rouges » prometteur. Toutefois, les conditions d’observations en Belgique sont loin d’être idéales.

Tout d’abord, nous n’assisterons pas au début de l’éclipse lunaire. L’entrée dans la pénombre et dans l’ombre ont toutes les deux lieu avant le lever de la Lune (à 21 h 28 à Uccle). Mais comme l’éclipse totale de Lune commencera justement à 21 h 30, nous pourrons découvrir une lune rousse dès son apparition à l’horizon, au sud-est.

Or, voilà la difficulté : trouver un endroit surélevé et suffisamment dégagé pour qu’on puisse admirer la Lune quand elle est basse sur l’horizon. Dur d’en trouver si l’on habite en ville !

Notons aussi que le Soleil n’est pas encore couché à 21 h 30 et qu’une grande partie de l’éclipse totale aura lieu durant le crépuscule civil, quand le ciel est encore clair. Ce trop de lumière ne fera pas disparaître la Lune, mais la rendra moins nette, d’autant plus que cette Lune sera moins brillante que d’habitude.

Il fera nuit noire vers 22 h 20. À ce moment-là, l’éclipse totale de Lune sera à son maximum et Mars se lèvera à l’horizon. Étant donné que l’éclipse totale se terminera vers 23 h 14, il faut être bien situé pour pouvoir voir, durant ces cinquante minutes restantes, les deux astres rougeâtres côte à côte.

Enfin, espérons aussi que la météo soit de notre côté. Nous sommes en période de sécheresse, mais de simples nuages pourraient gâcher la fête.

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